Nicolas Daubanes

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Membrane : La cellule

Sculpture

Membrane : La Cellule (détail), 2012, 450 × 230 × 210 cm, silicone, acier, (...) Membrane : La Cellule (détail), 2012, 450 × 230 × 210 cm, silicone, acier, (...) Membrane : La Cellule (détail), 2012, 450 × 230 × 210 cm, silicone, acier, (...) Membrane : La Cellule (détail), 2012, 450 × 230 × 210 cm, silicone, acier, (...) Membrane : La Cellule (détail), 2012, 450 × 230 × 210 cm, silicone, acier, (...) Membrane : La Cellule (détail), 2012, 450 × 230 × 210 cm, silicone, acier, (...) Membrane : La Cellule (détail), 2012, 450 × 230 × 210 cm, silicone, acier, (...)
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Membrane : La Cellule, 2012, 450 × 230 × 210 cm, silicone, acier, lumière.
Vue de l’exposition « Temps mort », centre d’art le Lait, Albi, 2012. Membrane prélevée dans une cellule de la maison d’arrêt de Nice.

« Membrane : la cellule, 2012, installation, silicone suspendu sur tiges d’acier soudées (Moulins Albigeois) Deux lits superposés, une prise, un lavabo, l’emplacement d’une porte : drôle de « chambre » dont la stricte rigidité aurait viré à l’amolli ! L’étrangeté matérielle, les dimensions et l’emboîtement de l’espace – cloisonnant lui-même l’intérieur d’un cube sombre - insufflent un trouble conduisant le visiteur à osciller entre attrait et claustrophobie. L’aspect fantomatique de la matière souple et translucide qu’il côtoie n’y est pas étranger. Le couloir d’entrée ne ménage aucun recul et contraint à raser des lais tombant en lambeaux ou dans laquelle se rencontrent béances et déchirures. Le badigeonnage d’un liquide siliconé permet d’obtenir cette sorte de « dépouille ». Par retrait, on obtient l’empreinte d’un lieu. Cette « ressemblance par contact », dans l’art, signale une absence qui convoque les notions d’espace et de temps : un « être là » issu d’un « avoir été ailleurs ». Comment signifier la présence par l’absence même ? Comment témoigner de son passage, à un moment donné, dans un lieu précis - en l’occurrence, ici, une cellule de la prison de Nice ? Ce derme dépenaillé renferme les résidus corporels des détenus, dévoile les aspérités, gravures et griffures des parois de la geôle, cette mue est porteuse du passé de sa matrice et instaure, en outre, une mémoire corporelle, une stigmatisation emplie de stigmates, à laquelle il convenait de « faire la peau ». »

Evelyne Goupy

Photographies : Phoebe Meyer

© Nicolas Daubanes