Nicolas Daubanes

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Prisons/Miradors

poudre d’acier aimantée

Saint Paul, prison de Lyon, entrée des cours disciplinaires, 2013, 86 × 130 (...) Presó de Mataró, 2013, 86 × 130 cm, dessin sur papier à la poudre d'acier (...) Kilmainham Gaol, 2012, triptyque, chaque panneau : 200 × 100 cm, dessin sur (...) Vue de l'exposition « Sabotage », Lac, Sigean, 2014. Kilmainham Gaol 1, 2012, 75 x 62 cm, dessin sur papier à la poudre (...) Présidio modélo, 2012, 80 × 56 cm, dessin sur papier à la poudre d'acier (...) Montluc, 2012, 78 × 54 cm, dessin à la poudre d'acier sur du (...) La Petite Roquette, 2012, 80 × 130 cm, dessin sur papier à la poudre (...) Kilmainham Gaol 5, 2012, 55 × 65 cm, dessin sur papier à la poudre (...) Détail, poudre d'acier aimantée Entrée des cellules, 2014, 53 x 80 cm, dessin à la poudre d'acier (...) Vue de l'exposition "Temps mort" Maison d'arrêt de Mulhouse, bâtiment Schuman, 2015, 86 × 130 cm, dessin (...) Mirador Auschwitz, 2015, 40 × 30 cm, dessin sur papier à la poudre (...) Mirador Struthof 2, 2013, 40 × 30 cm, dessin sur papier à la poudre (...) Mirador Struthof 1, 2013, 30 × 40 cm, dessin sur papier à la poudre (...) Détail

Je réalise des dessins avec de la limaille de fer. Je considère cet état de matière comme le symbole des traces d’une évasion : en limant les barreaux de la cellule, nous partirons les mains recouvertes de limaille. Ces dessins représentent des prisons, occupées ou désaffectées.

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Kilmainham Gaol, 2012, triptyque, chaque panneau : 200 × 100 cm, dessin sur papier à la poudre d’acier aimantée, contrecollé sur panneaux fibrés.
Vue de l’exposition « Le jour après le lendemain », Maison Salvan, Labège, 2013. Photographie Yohann Gozard.

Les différentes étapes de réalisation de ce projet doivent être soigneusement suivies : le motif choisi doit être, dans un premier temps, découpé dans une feuille « magnétique » puis disposé sur une plaque de métal ; ce n’est qu’après le dépôt d’une feuille de papier blanc sur le dessin en « découpe » dans la feuille « magnétique », que l’on peut répartir la limaille. Cette « poudre » vient alors se plaquer uniquement sur les surfaces de papier en relation avec les parties magnétisées. Une fois mis à la verticale, le spectateur ne perçoit qu’une surface de papier sur laquelle un nuage de poussière ferreuse vient dessiner un tracé, une forme. Ce nuage peut être plus ou moins épais, plus ou moins épars suivant le mode d’application.

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Saint Paul, prison de Lyon, entrée des cours disciplinaires, 2013, 86 × 130 cm, dessin sur papier à la poudre d’acier aimantée.
Vue de l’exposition « Le jour après le lendemain », Maison Salvan, Labège, 2013. Photographie Yohann Gozard.

L’aimantation pose le dessin en suspension, lorsque la feuille est séparée des aimants ce dernier disparaît, la poudre de métal tombe en ne laissant aucune trace sur le papier. De ce fait le dessin est par nature éphémère, comme si le motif représenté ne devait être visible qu’un temps donné. Toutefois tant que l’aimant reste proche de la poudre de fer, le dessin perdure. Lorsque un détenu planifie son évasion, son projet doit rester uniquement dans son esprit pour demeurer totalement clandestin, aucune inscription ou gravure ne lui sont permises. Mon mode de représentation doit être en corrélation avec cet impératif.

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Vue de l’exposition « La belle échappée », Château des Adhémar, Montélimar, 2014.
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Vue de l’exposition « Parenthèse photo-journalisme, la nouvelle garde », centre d’art contemporain, Saint-Restitut, 2015.
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Ensisheim l’escalier, 2017, 180 x 110 cm, poudre d’acier aimantée
Vue de l’exposition « Les mains sales », galerie Maubert, Paris, 2017.

Les dessins présentés sur cette page sont issus d’une sélection.

Photographies : Yohann Gozard, Jean-Paul Planchon

© Nicolas Daubanes