Nicolas Daubanes

DPS

Poudre d’acier aimantée

DPS : Henri Charrière dit Papillon, 2014, 3 éléments : 60 × 45 cm chacun, (...) DPS : Jean Pierre Treiber, 2014, 3 éléments : 60 × 45 cm chacun, dessin sur (...) DPS : Toni Musulin, 2014, 3 éléments : 60 × 45 cm chacun, dessin sur papier à (...)

(DPS : Détenus particulièrement surveillés)

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DPS : Jean Pierre Treiber, Henri Charrière dit Papillon, Toni Musulin, 2014, 3 éléments : 60 × 45 cm chacun, dessin sur papier à la poudre d’acier aimantée.
Vue de l’exposition "Imago : Jean Marc Cérino / Nicolas Daubanes", Galerie AL/MA, Montpellier

Futur : Entretien Christine Blanchet, Nicolas Daubanes, Pablo Garcia (Extrait : Entretien en intégralité : http://www.nicolasdaubanes.com/spip...)

Christine Blanchet : Dans l’exposition Le silence n’est pas un oubli, tu poursuis tes questionnements à travers la figure, c’est la première fois que tu présentes des portraits ?

Nicolas Daubanes : Tout comme Pablo, j’opte pour des images contemporaines comme celle d’Antonio Ferrara ou de Jacques Mesrine. Il ne s’agit pas de héros mais de personnalités qui se sont évadés de façon spectaculaires et qu’adolescent je voyais à la télévision. J’aurais pu prendre des personnages comme Casanova ou Jean Genêt mais ils font partie d’une autre époque alors que ma réflexion s’ancre dans mon temps. Et puis, contrairement à la vision romantique qu’en donnent les romans, les évadés de prison sont généralement fort peu sympathiques.

Christine Blanchet : Pourquoi le choix de ces anti héros ? L’image de l’anti héros vient également de mon expérience artistique avec des détenus et cela apparaît comme une suite logique dans mon appréhension du sujet.

Nicolas Daubanes : Dans ce travail, on peut dire que je recompose la cellule avec les barreaux, les portes et les murs faisant passer le métal de son état solide à celui de poudre. Et, celui qui lime est bien le détenu. Par ce geste de vas-et-viens, il respire la poudre toxique qui rentre également sous la peau de ses ongles, il en est totalement imprégné. Si les personnages que je traite n’ont pas forcément utilisé une lime pour s’évader, je veux les représenter avec ce qui les compose au sens propre comme au sens figuré : la poudre de fer. Finalement, ma réflexion se concentre sur la façon dont souhaitent s’échapper ces personnes enfermées, et comme il y a toujours un lien avec ma propre histoire, me confronter aux portraits, c’est aussi m’interroger sur ma propre représentation. Je ne me transpose pas dans la peau de ces grands criminels, je m’inscris plutôt dans celui qui veut se dégager de la contrainte.

© Nicolas Daubanes